Syndicat CGT du Centre Hospitalier de Paray-le Monial

L’UFMICT-CGT est interpellée par des personnels cadres encadrants sur les graves difficultés qu’ils rencontrent dans leur travail. L’interpellation se fait souvent en bout de course, en situation de crise.

Tel cadre se voit contester par sa direction son expertise de cadre ; tel autre demandant que ses missions lui soient redéfinies voit son poste supprimé car elle n’a pas su redéfinir elle-même ses missions ; tel autre voit sa formation refusée car à ’’ 52 ans on ne va pas investir sur vous, trop vieux’’ ; tel autre est mise en difficulté devant les salariés par sa direction parce qu’elle dénonce le nouveau projet de soins ; dans un autre établissement pas moins de 4 cadres ont déposé plainte pour harcèlement de la part du directeur suite à leur volonté de faire respecter leur déontologie ... C’est l’explosion des faisant fonctions, jusqu’à 60% dans un grand centre hospitalier, avec toutes les pressions qu’ils peuvent subir.


Les exigences de la nouvelle organisation hospitalière conduisent à la transformation du cadre expert en cadre manager ce qui provoque certains dégâts parmi l’encadrement dans nombre d’établissements. C’est insoutenable de vouloir gérer l’ingérable, le temps d’être à l’écoute des équipes est écrasé ... Devant ces difficultés certains cadres utilisent la menace ou la contrainte pour amener les salariés à revenir sur leurs repos, leurs congés, à changer de planning, avec tout le poids de la culpabilité intériorisée ...

Les références aux valeurs humanistes de soins en psychiatrie qui s’appuient sur la relation engagée auprès du patient sont évacuées au profit de l’augmentation de la place du médicament, de la technicité protocolaire, de la gestion du personnel devenu interchangeable. Que devient le soin, quand par exemple en secteur adulte, il faut faire sortir un patient qui a toujours besoin de soins pour en faire rentrer un autre encore plus dans le besoin ?


Les cadres se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume, l’application des outils de gestion du personnel s’opposent aux valeurs desquelles découlent les outils de soins.


Ce constat de grande insatisfaction au travail grandit et se voit largement partagé dans tous les secteurs hospitaliers.


Contestés dans leur professionnalisme, aussi bien par les équipes qui se disent, à juste raison, malmenées que par les directions, le besoin est urgent de développer une activité revendicative propre aux cadres, en particulier des cadres soignants pour répondre à leur grande souffrance, rompre avec leur isolement afin de peser sur le contenu professionnel pour une qualité du service rendu.


Les cadres ont une responsabilité sociale au sein de l’hôpital qu’ils doivent se réapproprier au regard de leurs droits existants. Cette responsabilité les conduit à rechercher une approche nouvelle, celle d’une responsabilité acceptée mais entourée de garanties collectives permettant de l’exercer dans de bonnes conditions en en fixant précisément ses contours.


L’intervention individuelle et collective dans les choix de gestion et l’organisation du travail, le droit de refus, le recours à un arbitrage interne ou externe sont quelques pistes de travail à mener avec les intéressés.
La responsabilité sociale des cadres doit être examinée aussi à partir du développement de la précarisation des statuts et de l’individualisation des rémunérations qui fragilisent son statut de salarié et de son autonomie d’expression.


Le plan Hôpital 2007, la mise en œuvre de la nouvelle gouvernance conduisent à asseoir les objectifs en introduisant une part variable liée à des objectifs contractualisés dans le rémunération des cadres dirigeants (directeurs) ou personnels stratégiques (médecins).


Pour refuser cette logique et défendre le statut unique de PH, les médecins hospitaliers étaient dans l’action le 13 avril 2007, suite à la publication du décret du 28 mars 2007 sur la part variable de la rémunération. Celle-ci est contractualisée avec le directeur et le responsable de pôle à partir d’objectifs et peut s’élever jusqu’à 15 % de la rémunération.

Cette part variable de la rémunération ne concerne pour l’instant que les chirurgiens mais selon un calendrier qui reste à préciser, ce système devrait être étendu aux autres spécialités. Sous certaines conditions, elle concerne aussi les psychiatres pour des activités multi-sites.


Ce type de rémunération est inconciliable avec le service public qui ne peut se concevoir en terme quantitatif de rentabilité mais bien en qualité de service rendu quel que soit le territoire ou la condition sociale.

Dim 14 déc 2008 Aucun commentaire